[Le goût de la Grèce] 10 auteurs dans vos bagages

Et si la meilleure façon d’aborder la littérature grecque était de s’appuyer sur les auteurs les plus lus dans nos médiathèques ? Voici 10 auteurs qui culminent dans notre top 10 depuis plusieurs années : 10 valeurs sûres qui forment un pont d’hier à d’aujourd’hui, une relation avec la culture et la langue françaises leur ayant pour beaucoup permis de s’imposer en France.  Rassemblez quelques uns de leurs ouvrages dans un bagage et vous aurez l’impression de partir en voyage en Grèce cet été.

1 Homère, l’incontournable

Inutile de présenter l’Iliade et l’Odyssée, les aventures d’Ulysse nous enthousiasment dès l’enfance, nous le lisons plus tard dans l’une ou l’autre de ses nombreuses versions, pour en apprécier la langue poétique ou les fondements historiques. Nous reconnaissons dans d’autres œuvres des personnages, situations, enjeux… A défaut de visiter Mycènes, prenez le temps de cette exposition virtuelle de la BNF, Sur les traces d’Ulysse.

2 Vassilis Alexakis, le plus français des écrivains grecs

Ecrivain franco-grec bien connu en France, où il est lauréat du Prix de la langue française 2012 pour l’ensemble de son oeuvre, Vassilis Alexakis est arrivé à Paris en 1960 pour étudier le journalisme, puis revenu à Paris en 1968 après le coup d’État militaire d’avril 1967 en Grèce. Il écrit en français et en grec et revendique sa double culture, dès Paris-Athènes paru en 2007. La langue maternelle, prix Médicis 1995, est également 1er titre le plus emprunté après Iliade et l’Odyssée.

Je lis deux pages d’un livre, trois d’un autre. Je n’arrive pas à fixer vraiment mon attention. Je me promène sans but à la surface des choses. Mes voisins travaillent sur un mémoire, j’imagine. Je ne sais pas sur quoi je travaille. « j’apprends », pensé-je. Mais voilà que j’écris aussi, sur un sujet que je ne connais pas. Mon audace m’étonne. Je suis probablement influencé par les chauffeurs de taxi athéniens qui parlent de tout avec une grande aisance.

3 Les mille vies de Nikos Kazantzákis

Écrivain prolifique qui a su explorer quasiment tous les genres littéraires, grand voyageur comme correspondant dans diverses régions du monde et tout autant engagé dans des fonctions officielles en Grèce, Nikos Kazantzákis semble avoir eu mille vies. C‘est la Crète qui lui est associée et c’est souvent par le cinéma qu’on le découvre. Là où, dans Zorba le grec, le héros repart fort de son expérience pour devenir écrivain, il danse dans le film de Michael Cacoyannis sur la plage avec Zorba. On ne vous en voudra pas si vous vous abandonnez sur ces pas de danse…

4 Vassilis Vassilikos l’amoureux des lettres

Vassilis Vassilikos, l’un des plus prolifique romanciers grecs contemporains, fut Président de la Société des Auteurs grecs. Son roman le plus célèbre,  Z, a fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Costa Gavras, et a obtenu le Prix du Jury au Festival de Cannes en 1969 et l’Oscar du meilleur film étranger en 1970. Lauréat en 1962, du Prix des Douze, le Goncourt grec, Vassilis Vassilikos a été Pdg de la télévision nationale grecque de 1981 à 1985 et il a présenté Axion Esti, une émission littéraire télévisée, inspirée d’Apostrophe. Profitons-en pour nous imprégner des sonorités de la langue grecque ?

5 Christos Chryssopoulos, une nouvelle génération

Christos Chryssopoulos pratique différentes formes littéraires – roman, essai, chronique – et est l’auteur de textes théoriques ainsi que d’œuvres plastiques. Lauréat du prix de l’Académie d’Athènes, membre du Parlement culturel européen, il est en Grèce l’un des écrivains les plus prolifiques et les plus originaux de sa génération, avec des œuvres fragmentées, profondes et troublantes exprimant un certain désenchantement. Dans sa trilogie athénienne, loin de l’image d’Epinal touristique, Athènes apparaît sous la plume de l’auteur, une ville sinistrée, où les hommes et les femmes essaient de survivre. Un désastre humain qui fait des Grecs « les misérables du XXIe siècle ».

6 Mènis Koumandaréas, un écrivain populaire

« Ils se retrouvaient tous les soirs à 8 heures. Il montait à Thissio, elle à Monastiràki. »

Auteur d’une vingtaine de romans, livres de nouvelles et essais depuis les années 1960, l’œuvre de Mènis Koumandarèas a été récompensée deux fois par le prix d’Etat pour le roman et traduite dans de nombreuses langues. Au fil de son œuvre, l’auteur avait fait d’Athènes le miroir où se reflètent les problèmes de la société grecque. La Femme du métro, écrit en 1975, est un roman très bref, centré sur une femme mariée de 40 ans et un étudiant de 20 ans qui se croisent dans le métro. Comme le souligne Michel Volkovitch, le traducteur, il ne pourrait s’agir que d’« une petite histoire toute simple, banale ». Or «  La Femme du métro est un de ses livres touchés par la grâce » dont Koùla et Mimis constituent les archétypes.

7 Ersi Sotiropoulos, une écriture inventive

Ersi Sotiropoulos s’est lancée en littérature dans les années 1980, avec un recueil de poésies, suivi de romans et nouvelles.  Zigzags dans les orangers reçoit le prix d’État de l’Académie d’Athènes et le Prix de la revue Diavàzo (« je lis ») en 2000. Ce qui reste de la nuit, récit de trois jours de la vie du poète Constantin Cavafy dans le Paris de la fin du XIXe siècle, se voit décerner le prix Méditerranée étranger en 2017. Son écriture rigoureuse et inventive l’a menée récemment à un récit par mails et des textos :

 

8 Alexandre Papadiamantis, fondateur des lettres modernes en Grèce

Alexandre Papadiamantis (1851-1911) est considéré comme le premier grand prosateur de la littérature grecque moderne. Son oeuvre s’inscrit dans une période de quête d’identité et d’authenticité culturelles qui commence à se faire jour dans une Grèce soumise aux modèles occidentaux depuis son indépendance. Embarquez-vous pour son titre le plus lu :  L’île d’Ouranitsa, un recueil de nouvelles où l’on retrouve les thèmes de prédilection de l’auteur : profonde conscience de la fragilité humaine, égoïsme, tentation du mal, cruauté de l’existence..

9 Takis Théodoropoulos, du passé au présent

Voici un autre chef de file de la nouvelle génération. Takis Théodoropoulos est né à Athènes en 1954. Après des études de lettres et un séjour en France – il a notamment collaboré à Libération –, il a très vite publié ses premiers livres, tout en exerçant la profession de journaliste culturel. Il nourrit son inspiration d’une solide culture antique, comme dans Sept Vies des chats d’Athènes : en 2004, en pleins préparatifs des jeux Olympiques, les autorités d’Athènes décident de se débarrasser des chats errants, sans savoir qu’ils sont les réincarnations des philosophes antiques. Directeur de collection et éditeur à Athènes, il est aussi chroniqueur pour le journal Ta Néa. En 2004, il a reçu le prix de l’Académie française pour le rayonnement de la langue et de la littérature française.

10 Aris Fakinos et la mémoire des peuples

Aris Fakinos est né en Grèce en 1935. Il s’exile à Paris en 1967 et a fortement contribué à la diffusion de la culture grecque en France où il est mort en 1998. Son oeuvre puise dans la mémoire collective grecque, notamment avec La Citadelle de la mémoire : Printemps 1789, l’Empire ottoman ordonne à Sélim Pacha, commandant en chef des armées, de détruire Paliskastro, petite cité grecque. S’appuyant sur les quatre mille ans de culture de son pays, il jette un regard pénétrant sur tous les Sélim Pacha contemporains qui tentent d’effacer la mémoire des peuples.

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