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Ceci n’est (presque) pas un top 2016

En décembre, le club des lecteurs a laissé les tops des meilleurs romans aux magazines pour poursuivre ses échanges autour des lectures personnelles des uns et des autres. Nous voici à circuler d’Espagne en Italie en passant par la Tasmanie, à sinuer entre faits divers, impostures, fiction et véritables récits de vie pour finir par un recours aux classiques avant de partir en forêt !

Enquêtes littéraires : entre Histoire et fiction, l’imposture ?

Arlette présente Comme l’ombre qui s’en va (Como la sombra que se va) de Antonio Muñoz Molina (2016).

L’histoire se déroule à Lisbonne sur trois périodes différentes. En 2013, l’auteur y séjourne pour écrire son autobiographie et parler de la nécessité d’écrire. Il se souvient alors de son premier voyage dans la capitale portugaise, en 1967, alors qu’il essayait d’écrire son deuxième roman, « L’Hiver à Lisbonne », abandonnant à Madrid sa femme et son nourrisson. Et il découvre qu’en 1968, James Earl Ray, l’assassin de Martin Luther King , passa lors de sa cavale une dizaine de jours à Lisbonne, tentant de se faire enrôler comme mercenaire pour combattre en Angola. L’auteur tente de nous faire entrer dans l’univers mental du criminel, imaginant ses obsessions et ses errances nocturnes, et reconstituant également sa vie à Memphis et l’ensemble de sa cavale.

Antonio Muñoz Molina a effectué un énorme travail d’enquête et d’écriture. Il a vécu à New york pendant 14 ans, a été élu à l’Académie espagnole à 40 ans, et a obtenu le prix Prince des Asturies en 2013 pour l’ensemble de son œuvre.

Nicole nous emmène aussi en Espagne avec L’imposteur de Javier Cercas. L’auteur, catalan, raconte l’histoire authentique d’un homme : Enric Marco, grande personnalité espagnole qui a été pendant des décennies président de l’Amicale de Mauthausen, l’association espagnole des anciens déportés… alors qu’il n’avait jamais été déporté. Il a donné à ce titre conférences et interviews, avant d’être démasqué par un historien en 2005. L’auteur a mis 7 ans à faire le livre, très documenté sur la transition franquisme/démocratie et diaspora espagnole. Il essaie, sans juger, de comprendre comment un homme peut à ce point s’inventer une vie jusqu’à y croire lui-même. Cela rappelle aussi l’histoire de Don Quichotte.

Séquence évocation collective de quelques grands imposteurs :

L’adversaire de Emmanuel Carrère (2001) : C’est l’histoire de JC Romand qui en 1993, a tué toute sa famille, à laquelle il avait fait croire pendant 18 ans qu’il était médecin pour l’OMS. En fait, il n’était rien socialement. Là encore, l’auteur ne juge pas mais retrace ce parcours invraisemblable et tragique.

Christophe Rocancourt, « l’escroc des stars »: il a joué le rôle de producteur de cinéma, héritiers des Rockefeller…

Arrête-moi si tu peux comédie dramatique  de Steven Spielberg, d’après une histoire vraie survenue dans les années 60 : l’histoire de Franck Abagnale, devenu l’as de la mystification: en se faisant passer pour un pilote de ligne, un médecin ou encore un avocat, il ramassa des millions de dollars.

 On aime ou on n’aime pas ?

Christiane s’interroge sur Le nouveau nom de Elena Ferrante (2016). C’est la suite de L’amie prodigieuse, qui évoquait l’enfance et l’adolescence de Lila et Elena, deux fillettes d’un quartier pauvre de Naples dans les années 50. Dans ce nouveau tome, Lila s’est mariée à 16 ans, avec un homme riche mais qui s’avère violent. Elena poursuit ses études, mais n’est pas acceptée par les autres étudiants. Christiane a été moins passionnée par ce tome 2. Lira-t-elle le tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste, traduction française prévue pour le 3 janvier 2017 ? puis le quatrième et dernier  : L’histoire de l’enfant perdu, déjà paru en Italie et aux US ?

De son côté Christelle a beaucoup aimé Profanes de Jeanne Benameur, l’histoire d’Octave, riche chirurgien retraité, 90 ans. Il a décidé de s’entourer d’une équipe de 4 personnes pour veiller sur lui lors des différents moments du jour et de la nuit, les quatre personnes ne se croisant pas.

Des faits divers aux portraits sensibles

Jocelyne est une passionnée de Sagan, elle vient de lire Chroniques 1954-2003 de Françoise Sagan (2016), avant-propos de Denis Westhoff. Dans ses chroniques l’auteure nous parle de voyages : Jérusalem, Naples, Venise…, de son enfance : rencontre avec un clochard…, et fait le portrait des célébrités qu’elle a rencontrées : Bettina, Yves Saint Laurent, Jeanne Moreau… Les sujets peuvent être légers mais posent des questions profondes. Françoise Sagan était très libre et dénuée de prétention. Devenue dépendante au Palfium après un grave accident de la route, elle luttera toute sa vie contre les addictions.

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (2016). « Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides ». Pendant 2 mois 1/2, l’auteur traverse la France de la frontière italienne jusqu’à la Normandie. Il décrit ses sensations et ses rencontres. L’ensemble est plaisant et pas monotone. Sur le même thème citons Remonter la Marne de JP Kauffmann.

Laetitia ou la fin des hommes de Ivan Jablonka (Prix Medicis 2016) : Christelle met en avant ce très gros travail d’enquête sur un terrible fait divers, bien écrit et respectueux des personnages. L’auteur joue à la fois le rôle de romancier, d’essayiste et de journaliste d’investigation. Il est professeur d’Histoire contemporaine à l’université Paris 13 et chercheur en Sciences Sociales. Il a fait sa thèse de doctorat sur « Les enfants de l’assistance publique sous la troisième république. »

Toujours, les classiques nous accompagnent

Jean-Marie a été marqué par la lecture récente de La nuit des temps de René Barjavel (1911-1985) (Prix des libraires 1969). Une équipe de chercheurs en Antarctique découvre à 1000 mètres de profondeur une civilisation éteinte depuis 900 000 ans et les corps d’un homme et d’une femme. Un grand classique de la SF, constamment réédité depuis 1968.

Oiseau de malheur de la finlandaise Johanna Sinisalo : un jeune couple fait un trek en Tasmanie : retour à la nature, instincts primitifs de l’homme, plongée au cœur de soi-même… L’auteure fait référence à l’ouvrage de Joseph Conrad : Au cœur des ténèbres (Heart of Darkness) de 1902. Le héros, Marlow, remonte le fleuve Congo, à la recherche d’un chef de poste, Kurz, qui est devenu fou et s’est transformé en tyran sanguinaire. (a également inspiré « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola).

Dans la forêt profonde

L’homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk (2007, traduit de l’estonien en français en 2013), Grand prix du roman de l’Imaginaire en 2014 : c’est un roman fantastique proposé dans le cadre du thème de la forêt actuellement mis en valeur à la médiathèque.

Cette forêt du grand nord est très présente également dans le dernier roman d’Andreï Makine. L’archipel d’une autre vie (2016), dont Christiane nous parle avec beaucoup d’intérêt. L’histoire commence par la rencontre dans les années 70 en Sibérie orientale d’un jeune garçon, élève géomètre, et du héros de cette histoire, Pavel Gartsev. Cet homme va lui raconter son histoire, et à partir du chapitre 2 nous sommes dans les années 50, en pleine Guerre froide. L’URSS de Staline se prépare à une attaque atomique. Pavel fait partie d’un groupe de soldats qui s’entrainent dans la taïga, puis qui sont envoyés à la poursuite d’un échappé du goulag voisin. S’ensuit une chasse à l’homme dans cette nature omniprésente, qui dévoilera la psychologie de chacun et révèlera bien des surprises. On est plongé dans une Sibérie hostile et magnifique à la fois.

Merci à Laurence pour la prise de notes… de ce qui ressemble finalement un peu à un top de nos dernières lectures 2016 – le plus génialissime de la toile bien sûr ! Bonne fin d’année à tous !

 

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