Les dernières lectures du Génialissime club des lecteurs

Un de ces derniers samedis, à 11h… le club des lecteurs s’est réuni, le compte-rendu va être un peu long mais il en vaut la peine ! Du récit, du vécu, de la fresque romanesque, des feel good books, une discussion sur l’engagement, l’héroïsme et le désir d’héroïsme… et la gastronomie dans tout ça ? Une grande héroïne de roman elle aussi !

Un autre point de vue sur notre société

Nicole apprécie Johanna Sinisalo , auteure finlandaise de science-fiction et de fantasy, née en 1958, dont elle nous présente trois ouvrages:

« Jamais avant le coucher du soleil » (2005). Le titre du roman vient d’une chanson populaire finlandaise, où il est dit qu’un lutin ne peut vivre sur terre avant le coucher du soleil. Le personnage principal, un jeune photographe, recueille un enfant troll blessé. C’est un récit qui mêle folklore nordique, écologie, questions de société…

« Le sang des fleurs »(2013). L’histoire se passe en 2025, alors que les colonies d’abeilles se sont effondrées. Un vieil homme, apiculteur, est confronté à ce drame, ainsi qu’à la disparition de son fils, militant écologiste dont le blog dénonce toutes les maltraitances aux animaux. Cette fable d’anticipation est également un récit poétique.

« Avec joie et docilité »(2016). C’est un thriller dystopique qui se passe dans un état où les femmes sont divisées dès l’enfance en deux catégories: les reproductrices, soumises, utilisées pour l’ accouplement et pour favoriser le bien-être de l’Époux, et les servantes, intelligentes et curieuses, stérilisées dès leur plus jeune âge, utilisées comme esclaves et en voie de disparition. Le livre étudie les mécanismes de la domestication, avec un parallèle entre la femme et le monde animal.

Et pour rester dans l’anticipation sociale: « 2084-La fin du monde » de Boualem Sansal. 2084 est la date fondatrice, l’année-zéro d’une ère nouvelle basée sur le fanatisme religieux, qui recrée un langage. Une lecture plus difficile d’accès.

Les exilés, héros des temps modernes

Christelle présente avec émotion « Sauve qui peut la vie » de Nicole Lapierre (2015) (Prix Médicis essai). L’auteure, sociologue, née en 1947, nous livre ici une histoire autobiographique marquée par le suicide et l’exil. Suicide: celui de sa grand-mère, qui est longtemps passé pour un accident dû à une fuite de gaz, puis celui de sa sœur en 1982 et de sa mère en 1990. Exil: celui de son père, polonais et juif, venu en 1926   étudier la médecine en France, et qui changera de nom en 1960 .  Et plus largement celui de tous les réfugiés actuels, « ces héros des temps modernes qui ont su franchir les frontières dans l’espoir d’un monde meilleur. »

Eloa de son côté conseille « La bibliothèque des cœurs cabossés » de Katarina Bivald (2016). Une jeune suédoise, Sara, correspond avec une vieille dame cultivée d’une petite ville de l’Iowa. Elle décide de lui rendre visite mais malheureusement à son arrivée elle apprend que sa correspondante vient de mourir. Elle reste dans la ville et monte une librairie avec tous les livres de la vieille dame. Tout cela dynamise la ville et ses habitants, qui ne veulent plus que Sara reparte en Suède… C’est un livre « feel good », agréable à lire.

De ce style ont été cités également: « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » du suédois Jonas Jonasson, « Petits suicides entre amis » du finlandais Arto Paasilinna

Du lien pour mieux vivre

Saleha a lu 2 livres apaisants et simples :

« Parle avec lui » de Agnes Ledig (2014). L’histoire d’une infirmière en réanimation et d’un pompier professionnel gravement blessé.

« La mélodie des jours » de Lorraine Fouchet (2010). La jeune maman célibataire d’une fillette de 11 ans se bat seule contre un cancer du sein. Grâce au Site des voisins, un site internet de proximité, elle découvre qu’elle peut être entourée et tisse des liens avec les habitants de son petit village du Vaucluse.

Le bien, le mal ?

Jocelyne a évoqué « Une fille parfaite » de Mary Kubica, éditeur : Mosaic, un bon polar. Et il a été question de « Le miroir aux alouettes » de Michel Onfray (2016). Une autobiographie politique, où il encourage le vote blanc et s’affirme contre la télévision. Le philosophe a ouvert une brèche en créant l’Université populaire du goût, les jardins de réinsertion.

A été également cité « Les âmes grises » de Philippe Claudel (2006) (Renaudot 2003). Toutes les nuances entre le Bien et le Mal…

Des individus dans l’Histoire

Christine a beaucoup apprécié deux titres qui racontent des destins très différents.

« Darwin, Bonaparte et le Samaritain. Une philosophie de l’Histoire » de Michel Serres (2016). Le premier représente l’évolution et compte des milliards d’années. Le deuxième représente cette guerre perpétuelle qui occupa 90 pour cent de notre temps. Le dernier glorifie le médecin, le biologiste, et l’informaticien qui encourage l’homme à maîtriser son intelligence.

« Les saisons et les jours » de Caroline Miller (1903-1992) Prix Pulitzer 1934. Ce livre retrace la vie des paysans au fin fond de la Georgie du XIXè siècle,  à travers l’histoire de Cean. Jeune-fille mariée à l’adolescence, elle aura quinze enfants tout en travaillant durement à la ferme. Devant le succès de cet ouvrage aux USA, l’éditeur chercha d’autres romans traitant  du « Sud », et c’est ainsi qu’il publia « Autant en emporte le vent » de Margaret Mitchell.

Des femmes engagées

Anne-Pascale s’est plongée dans deux albums illustrés.« Joséphine Baker », nouvelle bio-graphique de Catel et Bocquet. Un très beau portrait de femme, qui dépeint la situation des noirs américains au début du XXè siècle. L’artiste a eu une vie intense, ne se cantonnant pas au Music Hall. Elle a rencontré toutes sortes de personnalités. Autres titre des mêmes auteurs: « Kiki de Montparnasse » « Olympe de Gouge ».

A voir : l’exposition « Joséphine Baker par Catel et Bocquet : entre glamour et humanisme » à la Médiathèque Olympe de Gouges jusqu’au 30 novembre !

« Les femmes qui lisent sont dangereuses » de Laure Adler et Stefan Bollmann. Il s’agit d’un beau livre de peintures représentant des femmes en train de lire, à des époques  différentes, du Moyen-Age au XXème siècle. Le texte de l’auteur replace le peintre et son œuvre dans son contexte, et suggère ce que le tableau peut nous inspirer.

A également été cité le film:« Frantz » de François Ozon (2016). Le film est un remake de « Broken Lullaby » de Ernst Lubitsch (1931) Avec Pierre Niney et Paula Beer. C’est l’histoire d’un jeune ancien combattant français qui, après la guerre 14-18, se rend en Allemagne pour rencontrer la famille d’un jeune allemand qu’il a tué dans une tranchée. Mais il n’a pas le courage de s’expliquer, et se fait passer pour une ancienne connaissance.

Un président amoureux

anne« Journal pour Anne. 1964-1970 »  de François Mitterrand a séduit Jocelyne. Il s’agit d’un carnet agrémenté de collages et de photos, écrit sur 22 blocs de papier à lettres, que F.M. a écrit pour son grand amour Anne Pingeot. Les critiques semblent unanimes pour reconnaître la qualité littéraire du président-écrivain. Un deuxième livre : « Lettres à Anne », recueille 1218 lettres envoyée entre 1962 et 1995.

 

Humain, humaniste, humanité…

Christiane trouve un équilibre entre fiction et entretien.

« Sens dessus dessous » de Milena Agus (2016). L’histoire se passe en Sardaigne, la patrie de l’auteure, et plus exactement à Cagliari, dans un immeuble où se côtoient riches et pauvres. Chacun est décrit avec beaucoup d’humour et de chaleur humaine. Milena Agus est également l’auteure de « Mal de pierres », un roman d’amour dont Nicole Garcia a fait un film qui sort actuellement, avec Marion Cotillard et Louis Garrel.

« Un long samedi » de George Steiner avec Laure Adler (2014). Au long de ces entretiens initiés par France Culture entre 2002 et 2014, on retrouve les thèmes de prédilection de G.S.: son amour des langues, sa vision de l’avenir du monde, son goût pour la musique et son rapport à la littérature. C’est très intéressant et facile d’accès.

La gastronomie, une grande héroïne

Il est 13h15 ce samedi. Laurence nous met l’eau à la bouche en concluant avec « Vie et passion d’un gastronome chinois » de Lu Wenfu (1928-2005), vice-président de l’Union des Ecrivains Chinois dans les années 80. Écrit en 1982, traduction française 1988. On voit se dérouler 40 ans de l’histoire de la Chine, de 1950 à 1990, à travers les yeux de 2 personnages qui s’affrontent: Zhu Ziye,  bourgeois gastronome fortuné, et Gao Xiaoting, communiste convaincu, pauvre mais lettré. Mais la grande héroïne de cette histoire, c’est la gastronomie, et la façon dont elle a survécu à tous les soubresauts de l’Histoire.

(Merci à Laurence pour ce compte-rendu)

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